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Reportages
Fernand Duchaussoy : "Il n'a jamais été question de faire des économies"Déçu que le report de sa réforme ait été initié par le foot pro (Gervais Martel, représentant de l'UCPF, en tête), le président de la Ligue du Football Amateur espère que ce délai supplémentaire permettra l'unanimité. Il se défend de vouloir faire une réforme par économie…
Fernand Duchaussoy est déçu mais pas abattu. (Photo : www.fff.fr)
Fernand Duchaussoy, que vous inspire le report de la réforme que vous défendiez lors de la dernière AG de la FFF ?
Je suis déçu par la manière car ce report n'était pas une alternative qui était proposée au départ. Je suis déçu que ce report ait été initié par le football pro, qui ne s'était absolument pas impliqué dans nos réflexions passées alors qu'il y avait été invité. On est en démocratie donc j'étais prêt à ce que les gens votent - pour ou contre - mais votent car cette réforme est l'aboutissement de beaucoup de travail. On était prêt à accepter le verdict mais le président Escalettes n'a pas souhaité sur ce coup qu'il y ait un affrontement supplémentaire. Comprenez-vous qu'on remette en cause cette réforme ? Quand on fait de telles propositions, parfois douloureuses car elles excluent des clubs, on doit s'attendre à ce qu'il y ait des oppositions parfois agressives. Encore une fois, on les accepte. On est allés rencontrer les clubs, leur expliquer notre démarche, pas partout en France mais dans certaines grandes régions, et on va continuer à expliquer, à dialoguer. Nous ne devons pas nous priver d'une réflexion supplémentaire. Nous sommes les représentants du peuple et nous ne nous déshonorons pas à continuer le dialogue avec les clubs. L'idéal serait d'arriver à un bon compromis pour qu'on soit tous d'accord. Si on y arrive, ce report aura été un mal pour un bien. Quelle leçon tirez-vous de cette AG et de ce report ? Ce qui ressort avant tout, c'est que tout le monde a bien compris qu'il fallait faire quelque chose. Même parmi les plus "anti-réforme" (l'association des clubs bretons qui avait écrit à toutes les Ligues et à tous les Districts), certains proposent une réduction des clubs, soit une alternative pour un passage de 220 à 186 clubs, contre 170 dans notre projet. Les clubs eux-mêmes ont bien compris qu'il fallait réduire le nombre de clubs. Voilà au moins un point sur lequel on est d'accord. Mais nous pensons qu'il faut faire maintenant quelque chose de significatif, autrement dit une vraie réforme et pas une réformette. "Les clubs eux-mêmes ont bien compris qu'il fallait réduire le nombre de clubs..."
Fernand Duchaussoy et Jean-Pierre Escalettes, ou les patrons du football français en pleine réflexion sur l'avenir du football amateur... (Photo : www.fff.fr)
Les clubs vous reprochent de vouloir faire des économies sur leur dos en réduisant les clubs participant aux championnats fédéraux...
C'est archi-faux ! J'ai fait acter par le Conseil Fédéral que l'aide de 11,6 millions d'euros vers les clubs de CFA et CFA 2 soit maintenue, donc on n'économise rien du tout. On distribue différemment cet argent vers les clubs qui en ont le plus besoin. Il n'a jamais été question de faire des économies. Concrètement, combien reçoivent les clubs de National, CFA et CFA 2 de la part de la FFF ? Sur 220 clubs, on prend en charge tous les déplacements et tous les frais d'arbitrage de 180 clubs, uniquement ceux qui ne sont pas professionnels. Donc en réduisant le nombre de clubs à 170 comme le souhaite la réforme, on ne diminue ces subventions mais on les répartit différemment sur environ 130 clubs. Le gâteau est le même, la part de chacun sera plus grosse. En moyenne, on donne 254 000 euros à chaque club de National, environ 50 000 pour ceux de CFA. On prend en charge les déplacements et l'arbitrage, au club de trouver le reste pour assurer son financement. Voilà des sommes dérisoires par rapport aux sommes qui font la réalité du foot pro ! Effectivement, ça ne représente pas grand-chose. Mais le foot pro vit à travers les droits télé qui seront à la baisse. Ne vous méprenez pas, je suis un défenseur du foot amateur et je veux l'aider. Cette réforme ambitionnait de le faire encore mieux. Pourquoi les clubs pros résistent-ils à cette réforme ? Parce qu'ils sont bien entre eux et ne veulent pas que ça bouge. Ils n'ont évidemment pas la même logique économique. Qu'en est-il d'un championnat qui serait réservé aux seules réserves professionnelles ? Il n'est pas souhaité par la DTN. Gérard Houllier en tête est contre car il estime que ce serait enlever de la qualité à notre formation, qui a besoin de championnats structurés et de matches de qualité. Pour ça, il est à fond derrière la réforme. Désormais, quel est le calendrier de cette fin d'année pour la réforme ? C'est un second combat qui commence. Les clubs doivent comprendre que le risque n'est pas de réduire leur participation aux championnats fédéraux ou de subir la baisse de l'aide de la LFP au foot amateur (de 17 millions d'euros à 12,5 millions d'euros), mais bien de devoir gérer les effets de la crise à travers la diminution des subventions des collectivités locales. Par rapport à cette réalité, je pense que le meilleur moyen de faire face est de donner autant mais à moins de clubs. C'est une logique économique implacable qui permettra aussi de relever le niveau sportif des championnats régionaux. Propos recueillis par Jean-Louis Bouffartigues Nouveau commentaire :
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